En 2004, Khalida Toumi, ministre de la Communication et de la Culture, s'exprimait avec le journal Jeune Indépendant, sur son modèle audiovisuel.
"Je crois que ce qui représente le mieux mon modèle (-de système de l'audiovisuel-) dans le pré-avant-projet, c'est le modèle anglo-saxon, à l'image de BBC parce que j'ai des convictions et des choix politiques".
"J'ai peut-être tort, mais ce sont mes choix.Il y a trois secteurs qu'il ne faut jamais laisser aux forces de l'argent : la santé, l'école et la communication".
"La preuve, en Italie, un monsieur avec son argent détient pratiquement tout le champ de l'audiovisuel. Qui a pu faire face aux forces de l'argent ? D'autant plus que, dans ce domaine, l'argent appelle l'argent".
"Je suis partisane pour empêcher le tout-argent. Je ne vous apprends rien quand je vous dis que le cas Khalifa News est un cas d'école. Il ouvre sa chaîne avec quel argent ? Forcément l'argent sale".
«Si nous voulons avoir un champ audiovisuel dominé par les seules forces de l'argent et de l'argent sale - il faut appeler les choses par leur nom - alors oui, ouvrons n'importe comment. Maintenant, si nous voulons une ouverture pour garantir des libertés, pour ouvrir des espaces d'expression, nous sommes obligés d'exclure les forces de l'argent sale".
"Pour cela, il faut refaire les cahiers des charges généraux. On refait des statuts, on balise tout. Est-ce que vous trouvez normal qu'un «djouadj» qui a beaucoup d'argent ouvre un journal ? Je trouve scandaleux qu'on ne permette pas à n'importe qui d'ouvrir un cabinet médical ou d'avocat et qu'on permette au premier venu d'éditer un journal".
«La première chose à faire est de commencer par changer la loi sur l'information qui date de 1990. Cette dernière est un ensemble de contradictions incroyables".
"Par la suite, on est passé par les conseils supérieurs. Les radios et la télévision avaient pour tutelle le conseil supérieur de la communication, mais qui n'avait pas de prérogatives puisque c'était un organe de régulation".
"En 1993, le conseil supérieur a été dissous par décision du HCE. Il a été décidé de transférer les biens et les moyens mais pas les prérogatives".
"Cela est écrit noir sur blanc sur l'ordonnance. Aujourd'hui, nous nous retrouvons dans la situation où la loi sur l'information, dans tout ce qui est organes audiovisuels et même presse publique et le domaine de l'édition, parle de haut conseil.Or, ce conseil n'existe pas. Les cahiers des charges généraux de la télévision et de la radio et du TDA ont été recopiés intégralement des textes français. Dans la loi actuelle, on parle de loi sur l'audiovisuel, de loi sur le sondage et d'une autre sur la publicité, mais aucune de ces lois n'a vu le jour. Donc, pour toutes ces raisons, il faut changer cette loi...".
Commençons d'abord par créer des chaînes régionales publiques. Rendons autonomes les deux chaînes nationales. Mais pour cela il faut de l'argent et, en toute sincérité, ce n'estpas la priorité du gouvernement ou du Président".