Sommet de Tunis: Les Etats-Unis persiste et signe
Par TVDZ - TELEDZ, lundi 14 novembre 2005 à 18:36 :: N.T.I.C. :: #185 :: rss
Lundi à Tunis, les Etats-Unis restaient déterminés lundi à empêcher une internationalisation du contrôle de l'internet alors que s'ouvre mercredi le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI). "La perspective d'un accord avec les Etats-Unis est très lointaine", observe un diplomate européen, qui estime "l'opposition très forte car les enjeux économiques sont énormes".
Une majorité de pays, dont ceux de l'Union européenne, redoutent que cet organisme puisse par exemple bloquer les adresses d'un pays entier pour des raisons économiques ou militaires et réclament une supervision internationale de l'Icann, qui est actuellement chapeautée par l'administration américaine. Mais Washington freine des quatre fers et fait pression sur l'UE, qui a pris ses distances fin septembre en proposant de créer au-dessus de l'Icann un organe inter-gouvernemental purement technique et séparé de l'Onu. En réaction, la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice et son collègue du Commerce, Carlos Gutierrez, ont écrit la semaine dernière au ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, dont le pays préside actuellement l'UE, pour "regretter" la proposition de Bruxelles et demander aux Européeens de "revoir leur position". "La structure de contrôle et la stabilité de l'internet sont d'une importance fondamentale pour les Etats-Unis", ont expliqué les deux ministres, mettant en garde contre une "supervision lourde et bureaucratique" du réseau des réseaux, selon ce document qu'a pu lire l'AFP. Cette lettre constitue "une tentative d'intimidation pratiquement jamais vue dans un tel contexte", dénonce le diplomate européen, qui reproche aux Etats-Unis de mettre dans le même panier la proposition de l'UE et celle de pays en développement comme l'Iran qui veulent placer l'Icann sous la supervision des Nations unies. "La proposition européenne est un compromis", affirme Nicholas Thorne, l'ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'Onu à Genève. "Certains ont des positions très arrêtées aux deux extrêmités", ajoute l'ambassadeur, qui espère toutefois parvenir à un accord avant l'arrivée des chefs d'Etat pour le sommet qui dure de mercredi à vendredi dans la capitale tunisienne. Washington fait valoir que tout changement pourrait donner un droit de regard sur le fonctionnement de l'internet à des pays qui répriment la liberté d'expression des internautes, une crainte à laquelle souscrit l'association de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).
Faute d'accord à Tunis, certains pays ou régions du monde pourraient être tentés de créer leur propre réseau concurrent, au risque de déboucher sur une "balkanisation" de l'internet, redoutent des experts, qui rappellent que tout l'intérêt de la toile réside dans son universalité.
Lire aussi le point de vue de Paul Twomey, président de l'Icann: «Ne politisons pas la gestion de l'internet»
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Commentaires
1. Le jeudi 24 novembre 2005 à 03:21, par unealgerienne
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