un article de l'AFP à lire sur le site de TV5

Al-Jazeera, basée au Qatar, et Al-Arabiya (Dubaï), se partagent la majorité de l'audience dans le monde arabe et dans les communautés arabes à l'étranger.Leurs journaux sont entrecoupés de bulletins et d'urgent relatant en temps réel les opérations militaires de part et d'autre.

Ils sont suivis de près en termes d'audience par la télévision du Hezbollah, Al-Manar, qui poursuit ses programmes, bien que le bâtiment l'abritant, dans la banlieue sud de Beyrouth, ait été détruit dimanche par des raids israéliens.

Mais alors que les présentateurs d'Al-Manar ont opté pour un ton engagé, mêlant défi et ironie contre Israël, Al-Jazira et Al Arabiya se veulent plus professionnels. Les journaux d'Al-Jazira et d'Al-Arabiya sont entrecoupés d'analyses et de commentaires d'experts arabes, mais aussi israéliens s'exprimant parfois directement en arabe, reflétant des points de vue différents. Ils donnent également la parole à des porte-parole israéliens, qui répètent inlassablement que l'Etat hébreu "n'a pas de querelle avec le peuple libanais, mais souhaite au contraire la paix avec son voisin du nord" et rejettent la responsabilité de la crise sur le Hezbollah, qui, selon l'un d'eux, est à la tête d'un "Etat dans l'Etat au Liban". Lorsqu'ils sont interrogés sur la mort de civils libanais, ils répondent invariablement que c'est "un prix à payer dans ce genre d'opération, mais l'intention d'Israël n'est pas de tuer des civils", a dit un officiel israélien. Un analyste israélien, Elie Nissan explique la mort de civils libanais par le fait que le Hezbollah "a caché des armes dans des immeubles d'habitations", ciblés par les raids.

Les deux principales chaînes de télévision arabes ont aussi des correspondants sur le terrain, y compris côté israélien. Gilets pare-balles et casques, ils relatent en direct les événements, montrant d'un geste ample les colonnes de fumée s'achappant des zones bombardées.Adeptes du micro-trottoir, ils recueillent sans retard les commentaires des Libanais dans les zones touchées, prenant des risques sous les bombes. On les voit baisser la tête parfois et s'abriter, lorsque le bruit des avions devient assourdissant et signale que le danger est imminent.

Les images qui arrosent l'ensemble du monde arabe sont parfois insoutenables : corps ensanglantés enveloppés dans des couvertures de laine, cris de douleur d'une habitante du sud qui a perdu des membres de sa famille, entrecoupées de sirènes d'ambulances etc. vec des Libanais affirmant devant les caméras leur "détermination à rester et à ne pas fuir devant l'ennemi".

D'autres télévisions arabes ont été contraintes de suivre ces "géants". La télévision d'Abou Dhabi, dans un geste rare, a ainsi donné la parole à des experts israéliens.

Les chaînes satellitaires ne sont pas à l'abri des critiques. Plusieurs éditorialistes de la presse arabe les accusent de "faire monter la tension" en donnant la parole à des commentateurs enflammés."Rien n'empêche ceux qui aiment +l'héroïsme verbal+ de remplir le temps des télévisions. Après tout il n'y a pas d'impôts sur la parole..", ironise Tarek Massarweh dans le quotidien jordanien al-Raï.

Il relève que sont taxés de "traîtres" ceux qui ne suivent pas le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le chef du Hamas Khaled Mechaal, ou ceux qui se démarquent de la politique de Téhéran.