En avril 2004,le président de la République déclarait « L’Etat paye et toi tu danses ? », tranchait-il lors d’un débat télévisé à la veille de la présidentielle d’avril 2004. Dans une interview accordée à la chaîne arabe MBC, en novembre 1999, il avait soutenu : « C’est l’Etat qui finance la radio et la télévision et elles sont là pour défendre la politique de l’Etat. Nous n’avons pas créé ces radios ou cette télévision pour les offrir à ceux qui s’attaquent à l’Etat et causent le malheur de leur peuple. »
En 2005, le Premier Ministre Ahmed Ouyahia estimait que les Algériens n'étaient pas prêts à l'ouverture audiovisuelle. Le gouvernement algérien a officiellement adopté un projet de loi ouvrant à la concurrence le secteur de l'audiovisuel.
Au cours d'une conférence de presse en juin 2006, le nouveau ministre de la Communication en Algérie, Hachemi Djiar, disait ne pas placer l'ouverture audiovisuelle dans ses priorités. Il a réitéré le refus des autorités d’ouvrir le domaine audiovisuel au secteur privé car "l’Algérie n’est pas prête actuellement pour une pluralité de la télévisions".
Comme l’a affirmé à maintes reprises le président Abdelaziz Bouteflika,l’ouverture de l’activité audiovisuelle au secteur privé est hors de question. Il a répondu à une question autour de ce sujet : « si on autorise l’ouverture d’une chaîne de télévision privée qu’est ce qui garantie à l’Etat que son propriétaire ne va pas l’ouvrir à ceux qui veulent nous ramener au début des années 90 » ?
Toutes ses déclarations sont oubliées et nous nous en réjouissons. L'Algérie va pouvoir désormais rejoindre un monde audiovisuel largement ouvert à la concurrence et permettre à ses créateurs et ses producteurs de s'exprimer.
Le gouvernement algérien a adopté un projet de loi ouvrant à la concurrence le secteur de l'audiovisuel, mettant ainsi un terme à un monopole de l'Etat, a annoncé lundi un communiqué officiel.
Le conseil des ministres, réuni samedi et dimanche, a approuvé ce texte prévoyant la création d'une autorité de régulation des médias audiovisuels et confirmant l'ouverture de l'activité audiovisuelle.
Selon le projet de loi, l'ouverture de l'audiovisuel est proposée sur la base d'une "convention qui sera conclue entre la société algérienne de droit privé concernée et une autorité de régulation audiovisuelle, validée par une autorisation délivrée par les pouvoirs publics".
Une loi spécifique relative à l'audiovisuel viendra compléter la régulation dans ce domaine, a précisé le communiqué du Conseil des ministres, cité par l'agence de presse APS.
Au travail !